
Mardi 2 mars 2027, 10h – 17h
Exposition d'Alejandro Erbetta à la galerie des Archives Départamentales de Périgueux
Archives départamentales de Dordogne, Périgueux
- Quand
- Mardi 2 mars 2027, 10h – 17h
- et 17 autres dates
- Organisé par
- Bicentenaire de la Photographie - 2026-2027
Présentation
Alejandro Erbetta — Fresque photographique Exposition monographique aux Archives départementales de la Dordogne Dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie À la croisée de la photographie, de la recherche théorique et de l'enquête documentaire, l’artiste argentin Alejandro Erbetta présente les deux premiers chapitres d’une fresque photographique menée depuis plusieurs années entre l’Europe et l’Amérique latine. Résidant en France depuis 2008, il déploie ici un travail minutieux entre la France, l’Argentine et le Chili. L’œuvre d’Erbetta est conçue comme une investigation artistique au long cours, divisée en plusieurs parties : Un royaume imaginaire (Chapitre 1) et Le pays de l’oubli (Chapitre 2). Ces volets complémentaires ont reçu le soutien à la photographie documentaire contemporaine du Centre National des Arts Plastiques (CNAP), respectivement en 2021 et 2023. En 2024, le projet a également obtenu le soutien de l’Institut Français à travers son dispositif IF EXPORT pour des expositions monographiques à l’international.
Chapitre 1 : Un royaume imaginaire La première partie, Un royaume imaginaire, se concentre sur l’histoire d’un personnage méconnu de l’histoire officielle : Antoine de Tounens, un Français autoproclamé Roi d’Araucanie et de Patagonie à la fin du XIXe siècle. Dans ce premier temps, l’artiste a effectué des déplacements sous forme de voyages-enquêtes, mêlant photographie et écriture, en France et en Argentine, afin de traverser ces territoires lointains de la Patagonie. En associant des images d’archives retrouvées sur place, des textes autobiographiques écrits par Antoine de Tounens ainsi que ses propres photographies prises au fil de ses déambulations, Alejandro Erbetta crée un espace narratif singulier. Il opère ainsi un mixage de réalités diverses, entre images actuelles et anciennes, entre passé et présent, entre création et récréation.
Chapitre 2 : Le pays de l’oubli Dans la deuxième partie, Le pays de l’oubli, l’artiste se focalise sur les événements tragiques survenus dans le Cône Sud à la fin du XIXe siècle, afin de porter un regard rétrospectif et révisionniste sur l’Histoire argentine depuis notre présent. Si, à l’échelle globale, la fin du XIXe siècle est propice aux politiques d’expansion coloniale, elle se traduit lointainement, en Amérique du Sud et particulièrement en Argentine, par un élargissement des frontières des États-Nations. Sous couvert d’une idéologie de la « civilisation » face à la « barbarie » — incarnée par les peuples amérindiens —, une politique de colonisation brutale s'instaure : la fameuse « Conquête du désert ». Cette campagne, conçue et dirigée par le Général Julio Roca en 1879, a provoqué l'extermination massive et presque définitive des peuples originaires en Argentine. Par conséquent, la mémoire de ces communautés a été détruite et déplacée ; pourtant, d'une certaine manière, elle a survécu à travers des générations de survivants, des récits, des témoignages et une documentation historique. La photographie a joué un rôle primordial dans cette tragédie. Il existe une importante collection d'images et de documents dans les archives publiques, conservée dans des institutions comme l'Archivo General de la Nación à Buenos Aires, ou au sein des collections anthropologiques du Musée de La Plata, constituées dans le contexte même du génocide orchestré par l'État.
Une mémoire refoulée dans le présent L’histoire du Royaume d’Araucanie représente pour l’artiste un point de départ pour articuler un passé refoulé dans le présent, afin de réfléchir à la condition actuelle des peuples du Cône Sud. Que reste-t-il de ces cultures ancestrales ? Comment sont-elles intégrées dans les sociétés contemporaines argentine et chilienne ? Certains anthropologues, à l'instar de Diana Lenton, dénoncent l’existence d’une « nouvelle conquête du désert » et montrent qu’actuellement, les compagnies multinationales s’installent sur les territoires occupés par les peuples originaires afin d’en extraire du pétrole, du lithium ou du gaz, forçant à nouveau ces populations à quitter leurs lieux de vie. Poursuivant le parcours d’Antoine de Tounens, l'artiste a entrepris dans Le pays de l’oubli de nouveaux déplacements en Argentine pour observer ces territoires isolés de la Patagonie et entrer en contact avec ce qui subsiste aujourd’hui des populations originaires. Dans ce chapitre plus anthropologique, Erbetta a réalisé des enregistrements auprès des membres des communautés qu’il a rencontrés, faisant résonner la voix des descendants de ces peuples ancestraux. À partir d’un travail de terrain et en établissant un lien étroit avec les communautés Mapuches-Tehuelches de Río Negro, il a réuni un corpus de récits et d’images autour des événements traumatiques hérités de la « Conquête du désert ». Ce projet s’intègre dans la continuité des recherches que l’artiste mène depuis plusieurs années autour de la mémoire et de la reconstruction des récits historiques. L’une de ses motivations principales était de s’immerger dans l’une de ses cultures d’origine à travers sa propre création artistique, ses rencontres et ses investigations, afin de comprendre les contradictions des récits nationaux. En effet, si l’identité argentine (et chilienne) s’est construite d’une part sur l’immigration européenne de la fin du XIXe siècle, elle s'est faite d’autre part au prix de la destruction des populations originaires et de leurs cultures. C’est précisément cette contradiction fondamentale de l’identité nationale que l’artiste explore : une part d’Histoire refoulée et niée jusqu’à nos jours. Pour cette exposition monographique aux Archives départementales de la Dordogne (Périgueux), présentée dans le cadre du Bicentenaire de la photographie, l’artiste conçoit une installation croisant photographies, archives, vidéos, enregistrements sonores et documents historiques, articulant ces sources hétérogènes en un dialogue mémoriel puissant.
Autres dates
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- Mardi 30 mars, 10h – 17h
- Mardi 6 avril, 10h – 17h
- Mardi 13 avril, 10h – 17h
- Mardi 20 avril, 10h – 17h
- Mardi 27 avril, 10h – 17h
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- Mardi 11 mai, 10h – 17h
- Mardi 18 mai, 10h – 17h
- Mardi 25 mai, 10h – 17h
- Mardi 1er juin, 10h – 17h
- Mardi 8 juin, 10h – 17h
- Mardi 15 juin, 10h – 17h
- Mardi 22 juin, 10h – 17h
- Mardi 29 juin, 10h – 17h
Source : Bicentenaire de la Photographie - 2026-2027 via OpenAgenda · Licence Ouverte 2.0. Informations mises à jour le jeudi 23 juillet 2026. Vérifiez auprès de l'organisateur avant de vous déplacer.
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